EGU - News & Press - Les communautés Boliviennes en danger à cause du recul des glaciers

European Geosciences Union

www.egu.eu

EGU logo

Press Release: Les communautés Boliviennes en danger à cause du recul des glaciers

20 October 2016

Glacier and glacier lake in the Bolivian Andes
Glacier and glacier lake in the Bolivian Andes (Credit: Simon Cook)

Une nouvelle étude publiée dans ”The Cryosphere“, la revue des géosciences de l’union européenne, a démontré que les glaciers Boliviens ont reculé de 43% entre 1986 et 2014, et ils vont continuer de diminuer si l’augmentation des températures dans la région continue. ‘’En outre, le recul des glaciers fait apparaitre des lacs qui peuvent connaitre une vidange brutale susceptible de détruire des villages et tout type d’infrastructure en aval,’’ a souligné l’auteur principal Simon Cook, Maitre de conférences à l’Université Métropolitaine de Manchester au Royaume-Uni.

Des plus, le recul des glaciers met en risque les ressources en eau de la région. L’eau de fonte des glaciers est importante pour l’irrigation, l’eau potable et l’énergie en provenance des centrales hydroélectriques, pour les villages montagnards mais aussi pour les grandes villes comme La Paz et El Alto. Durant l’année, le 2.3 millions d’habitants de ces deux grandes villes reçoivent environ 15% de leurs ressources en eau par les glaciers, avec ce pourcentage presque doublant pendant la saison sèche. Le recul des glaciers indique aussi que moins d’eau soit disponible à l’alimentation des rivières et des lacs, comme le lac Poopó au sud de la Bolivie, qui a été récemment complètement asséchée.

La nouvelle étude est une des premières qui examine le changement de l’étendue couverte par les glaciers en Bolivie, afin de comprendre comment le recul des glaciers peut affecter les communautés dans le pays. ‘’Le caractère innovant de notre étude se base sur le contexte général – à la mesure des changements des aires glacières sur toutes les chaines englacées – et à une première identification des lacs potentiellement dangereux’’ souligne Simon Cook.

L’équipe a mesuré le changement des aires glaciaires entre 1986 et 2014 en utilisant des images satellitaires de Landsat, des programmes d’observation de la terre du service géologique d’États-Unis et de la NASA. Ils ont trouvé que la zone couverte par la glace dans les Andes Boliviennes a diminué de 530 km carrés en 1986 à seulement presque 300 km carrés en 2014, une diminution de 43%.

Comme les glaciers reculent, ils laissent derrière des lacs généralement endigués par le substrat rocheux ou par des débris glaciers. Des avalanches, des chutes des blocs ou des séismes peuvent rompre ces barrages, ou entrainer un débordement d’eau, résultant à des inondations catastrophiques connues comme vidanges brutales des lacs glaciaires. L’équipe signale que le nombre ainsi que la taille des lacs glaciaires dans la zone d’étude a connu une augmentation significative entre 1986 et 2014.

Après avoir étudié le changement de l’étendue couverte par les glaciers, les chercheurs ont utilisé leurs observations des lacs glaciaires en 2014 afin d’identifier les lacs ou il y a possibilité des vidanges brutales et qui peuvent présenter un danger pour les populations situées en aval. ‘’Nous avons cartographié des centaines des lacs,’’ a expliqué Simon Cook. ‘’Quelques lacs sont très petits et posent un risque minime. D’autres sont très larges, mais il n’y a pas ou peu de possibilité d’avoir une vidange catastrophique. Enfin, d’autres sont assez larges pour générer une inondation massive, et sont entourés par des pentes raides ou des glaciers raides et pourraient être dangereux.’’

Ils ont identifié 25 lacs glaciaires potentiellement dangereux envers des populations humaines et des infrastructures à travers les Andes Boliviennes. Si le plus petit de ces 25 lacs se viderait complètement, il générera une crue avec un débit de pointe de 600 mètres cube par seconde. Le plus large pourrait générer un débit de plus de 125000 mètres cube, environ 50 fois le volume d’une piscine olympique, en une seconde.

Si la mesure des zones glaciaires a été une tache relativement simple, Simon Cook souligne ‘’identifier quels lacs sont dangereux est la grande question’’ vu qu’il y a des facteurs multiples à prendre en compte.

‘’Nous avons pris en considération qu’un lac est dangereux si il y a des établissements ou infrastructures en aval du lac, et si les pentes et les glaciers autour du lac sont très raides, signifiant qu’ils peuvent déverser de la glace, de la neige ou des blocs rocheux dans le lac, dépassant le barrage et causant une inondation – un peu comme si un homme saute dans une piscine, mais dans une échelle beaucoup plus grande!’’

Des inondations catastrophiques de ce type se sont produites au passé. Dirk Hoffmann, un chercheur de l’institut des montagnes de Bolivie et co-auteur de l’étude publiée dans The Cryosphere, a récemment documenté une vidange brutale de lac glaciaire dans la région Apolobamba qui s’ était produit en 2009 et qui a tué des animaux, a détruit des terrains cultivés et une route qui a provoqué l’isolement total d’un village pendant plusieurs mois. ‘’Comme ces endroits sont très isolés et très éloignés des villes, les autorités dans un niveau national et le public plus vaste ne sont pas conscients des nouveaux dangers que les habitants de montagne font face à cause des impacts du changement climatique, et il n’y a pas de mesures appropriées,’’ souligne Dirk Hoffmann.

Simon Cook précise que ces évènements sont peut être sous déclarés, laissant entendre que les risques de ce type d’inondation dans les Andes Boliviennes sont négligés. ‘‘Quand on a visité la région d’Apolobamba en 2015, les villageois ont mentionné [vidange brutale de lac glaciaire] évènements, mais il n’y a pas eu d’autres publications ou article scientifiques, certainement parce que beaucoup de ces communautés sont relativement isolées.’’ Dirk Hoffmann ajoute: ‘’Une évaluation du risque de vidange brutal de lac glaciaire au niveau national pourrait être intéressant pour les communautés locales se trouvant dans des bassins versant englacés.’’

Dans cette étude, l’équipe a aussi estimé que la zone glaciaire sera fortement réduite jusqu’à la fin du siècle, aux environs d’un dixième des valeurs de 1986. Cette réduction pourrait provoquer l’augmentation du risque de la ressource en eau pour les communautés locales, souligne Simon Cook. ‘’Nous avons prévu dans notre étude que la plupart des glaciers vont disparaitre ou diminuées fortement jusqu’ à la fin du siècle – donc d’où viendra l’eau pour la saison sèche ? Des grandes villes comme La Paz sont partiellement dépendantes de l’eau de fonte des glaciers. Mais, nous connaissons très peu de choses sur le stress hydrique dans les régions isolées. Nous avons besoin de travailler plus sur ce sujet.’’

L’équipe espère que l’étude va améliorer la prise de conscience sur les pertes rapides des glaciers en Bolivie, de quelle façon ça pourrait changer dans le futur, et comment ça pourrait affecter la ressource en eau et provoquer des vidanges brutales des lacs glaciaires. ’’Finalement, j’espère que nos résultats seront utiles aux acteurs Boliviens – gouvernement, organismes, personnes vivant dans des zones rurales et dans des villes,’’ conclut Simon Cook.

###

Please mention the name of the publication (The Cryosphere) if reporting on this story and, if reporting online, include a link to the paper (http://www.the-cryosphere.net/10/2399/2016/) or to the journal website (http://www.the-cryosphere.net).

More information

This research is presented in the paper ‘Glacier change and glacial lake outburst flood risk in the Bolivian Andes’, published in the EGU open access journal The Cryosphere on 20 October 2016.

Citation: Cook, S. J., Kougkoulos, I., Edwards, L. A., Dortch, J., and Hoffmann, D.: Glacier change and glacial lake outburst flood risk in the Bolivian Andes, The Cryosphere, 10, 2399-2413, doi:10.5194/tc-10-2399-2016, 2016

The team is composed of Simon J. Cook (Manchester Metropolitan University [MMU] and Cryosphere Research at Manchester [CRAM], UK), Ioannis Kougkoulos (MMU and CRAM), Laura A. Edwards (CRAM and University of Manchester), Jason Dortch (CRAM and University of Manchester), and Dirk Hoffmann (Bolivian Mountain Institute).

The European Geosciences Union (EGU) is Europe’s premier geosciences union, dedicated to the pursuit of excellence in the Earth, planetary, and space sciences for the benefit of humanity, worldwide. It is a non-profit interdisciplinary learned association of scientists founded in 2002. The EGU has a current portfolio of 17 diverse scientific journals, which use an innovative open access format, and organises a number of topical meetings, and education and outreach activities. Its annual General Assembly is the largest and most prominent European geosciences event, attracting over 11,000 scientists from all over the world. The meeting’s sessions cover a wide range of topics, including volcanology, planetary exploration, the Earth’s internal structure and atmosphere, climate, energy, and resources. The EGU 2017 General Assembly is taking place in Vienna, Austria, from 23 to 28 April 2017. For information about meeting and press registration, please check http://media.egu.eu, or follow the EGU on Twitter and Facebook.

If you wish to receive our press releases via email, please use the Press Release Subscription Form at http://www.egu.eu/news/subscribe/. Subscribed journalists and other members of the media receive EGU press releases under embargo (if applicable) in advance of public dissemination.

The Cryosphere is an international scientific journal dedicated to the publication and discussion of research articles, short communications, and review papers on all aspects of frozen water and ground on Earth and on other planetary bodies. The main subject areas are ice sheets and glaciers, planetary ice bodies, permafrost, river and lake ice, seasonal snow cover, sea ice, remote sensing, numerical modelling, in situ and laboratory studies of the above and including studies of the interaction of the cryosphere with the rest of the climate system.

Links

Contact

Ioannis Kougkoulos
PhD Student
School of Science and the Environment, Manchester Metropolitan University
Phone: ​+447533878277
Email: ioannis.kougkoulos@stu.mmu.ac.uk

Simon Cook
Senior Lecturer in Physical Geography
School of Science and the Environment, Manchester Metropolitan University
Phone: +44 (0)161 2471202
Email: s.j.cook@mmu.ac.uk
Twitter: @glacio_cook

Dirk Hoffmann
Coordinator and Senior Researcher
Bolivian Mountain Institute
La Paz, Bolivia
Email: dirk.hoffmann@bolivian-mountains.org
Presently available at: +49-1522-4115439

Bárbara Ferreira
EGU Media and Communications Manager
Munich, Germany
Phone: +49-89-2180-6703
Email: media@egu.eu
EGU on Twitter: @EuroGeosciences

Media

[ Back ]